Le coach de l’équipe de France revient sur la victoire contre l’Allemagne, capitale dans un premier match de l’Euro, et pointe les secteurs dans lesquels les Bleus doivent s’améliorer. Il promet également un match totalement différent mardi à 19h15 contre la Lettonie.Propos recueillis par Laurent SALLARD, à Gdansk (07/09/09)Vous disiez avant le match que vous souhaitiez que les Bleus attaquent cet Euro à fond. Êtes-vous satisfait sur ce point ?On a eu du mal à rentrer dans le match. Mais un début de compétition, c’est toujours difficile à négocier. L’envie ne fait pas tout. Émotionnellement on a eu du mal à rentrer très fort dans ce match, on était un peu sur la retenue. Comme le prouvent les deux fautes commises seulement dans le premier quart-temps, alors qu’eux laissaient tomber. Ils étaient plus agressifs que nous en première mi-temps. Et c’est le discours qu’on a eu à la mi-temps, il fallait renverser cette balance de l’agressivité. Mais ils avaient pris confiance, et ils ont eu quelques tirs incroyables, notamment de Papa… Non de Sven Shultze, à force de l’appeler Papa Schultze (rires). On raconte des conneries quand on regarde les vidéos, et après… Mais malgré tout, la deuxième mi-temps m’a plu parce qu’on s’est accrochés. Ce type de victoire peut nous aider à monter en puissance dans cet Euro. Je crois vraiment que le fait d’être allés la chercher, de s’être arrachés jusqu’au bout, c’est une bonne chose. Maintenant j’aimerais qu’on puisse commencer les matches plus forts, et qu’on ne laisse pas les adversaires s’installer, comme en première mi-temps.
Y avait-il suffisamment de mouvement en attaque ?Non, et en plus on a été maladroits. Au bout d’un moment, la stratégie défensive des Allemands, qui était de fermer systématiquement tous les accès, a été valorisée par le fait qu’on manquait des tirs ouverts. Et comme eux mettaient dedans, on a été obligés de défendre très près des shooteurs. Eux ont eu le loisir de fermer la raquette, et ce sans conséquence. On finit à 4/15 à trois-points. Et même au lancer franc (18/33). Si on met un peu plus de lancers… C’est le côté positif, on a réussi à les agresser et à provoquer beaucoup. Malheureusement, on n’a pas concrétisé, contrairement au dernier match où on avait retrouvé de meilleurs pourcentages. Cela dit, les paniers y sont aussi pour quelque chose, le match précédent (Russie-Lettonie) ayant été aussi marqué par une maladresse inhabituelle au lancer, surtout pour des équipes comme la Russie et la Lettonie, des spécialistes dans le domaine.
Êtes-vous soulagé après cette victoire, très importante dans un premier match ?Oui. Ce que je dis hier, je le pense profondément. Mais je sais aussi qu’il va falloir progresser, c’est une évidence. En attendant, on a gagné ce premier match, et on a le loisir de pouvoir progresser demain. Ce qu’il faut, c’est gagner le deuxième contre la Lettonie. Si on gagne contre la Lettonie, on est qualifié, donc c’est déjà une bonne chose. Maintenant, il va falloir le faire, ce sera un match complètement différent, une opposition de style par rapport aux Allemands. Là où les Allemands sont des maîtres de la discipline, et sont très grands, les Lettons sont plus virevoltants. Il faudra les empêcher de jouer rapidement. Ils aiment relancer, ils aiment le jeu avec beaucoup de rythme. Il faudra qu’on essaye de faire ce que les Allemands nous ont imposé en première mi-temps. À savoir jouer sur demi-terrain, ce qu’on essaye de faire au maximum. On s’en est tiré en deuxième mi-temps quand on a réussi à tenir quelques situations de contre-attaque qui ont débloqué la situation. Ce n’est pas qu’on ne voulait pas les débloquer en première mi-temps, c’est qu’on ne pouvait pas.
Tony a pris les choses en main dans les dernières minutes…Oui, dans les trois ou quatre dernières minutes. Les deux équipes étaient à quatre fautes et il fallait être agressif, donc c’est normal que la balle lui revienne. C’est un objectif que Tony est la balle dans les fins de match. Mais je pense qu’on peut améliorer encore le spacing en bougeant un peu plus avant. On avait mis en place un système qui n’a pas trop mal marché. Mais il faut qu’on s’améliore encore, qu’on soit plus rigoureux. Pendant trois quarts-temps, on a utilisé insuffisamment les transferts de balle. On a été un peu impatient pour attaquer. C’était bien d’attaquer, mais il faut qu’on progresse encore sur cette façon d’étirer les défenses. Et pour les étirer vraiment, il faudra qu’on mette des tirs extérieurs.
Vous avez beaucoup tiré sur votre cinq de base. Le banc a peu joué et peu produit. Est-ce une petite déception ?Oui, mais ça peut évoluer. En Belgique ça avait été la même chose, puis trois jours après le banc avait été très productif. Dans une compétition aussi longue, on aura besoin des autres joueurs, ça ne m’empêchera pas d’essayer de les lancer, puis d’aviser. Aujourd’hui, par rapport à l’importance d’un premier match, la seule chose qui comptait, c’était de gagner.
Dans le deuxième quart-temps, vous avez lancé un cinq inédit avec Jeanneau-De Colo-Batum-Koffi-Mahinmi. Était-ce une tentative pour les lancer ?Oui, et à ce moment-là on tenait et on ne faisait pas moins bien qu’avec le cinq précédent, donc c’était une façon de donner des minutes de fraîcheur à notre cinq majeur. Parce que je n’ai sorti Ronny que pour le reposer, Il était essentiel et très bon. C’est effectivement important au cours d’un match que les joueurs puissent souffler un peu. Mais je crois que si on a le bonheur de sortir de ce groupe, on va monter en puissance. Les joueurs cadres ont besoin de matches, Tony entre autres.
Comment va Ian Mahinmi ?Je pense que c’est une petite élongation, d’après le staff médical. C’est pour ça qu’il était impossible de le réutiliser en deuxième mi-temps. Il est touché aux adducteurs. C’est embêtant, ça pourrait compromettre son Euro, mais je n’en sais pas plus.
Et Nicolas Batum ?Il a pris un petit coup, il s’est fait un peu tirer l’épaule sur un démarquage, mais sans problème. Nicolas Batum a fait une très belle deuxième mi-temps. Beaucoup d’impact. Il va chercher beaucoup de ballons, donne des deuxièmes chances. Et surtout dans la relance, c’est lui qui a poussé la balle. C’était important, un élément essentiel. Parce que si on avait accepté jusqu’au bout le match sur demi-terrain, on aurait eu beaucoup de mal à s’en sortir.
Quelle impression vous a fait la Russie ?Je les ai trouvés plutôt très bons. Ils ont contrôlé le match, même si la Lettonie a été vaillante et s’est toujours rapprochée, les Russes ont bien tenu le match. On a plusieurs fois eu l’impression qu’ils allaient faire l’écart, mais la Lettonie n’a pas lâché. C’est un premier match, personne ne lâche. Mais la Russie était au dessus, et a montré de jolies choses.
Et la Lettonie ? Il semble qu’il y ait un manque de cohésion dans cette équipe…Non, ça joue beaucoup d’actions individuelles, à l’emporte pièce, mais ce qui m’embête un peu, c’est que Biedrins n’était pas là. Et on ne peut pas penser un instant qu’un joueur de ce niveau-là puisse traverser tous les matches comme celui-là. Lui aussi n’a pas commencé son Euro. Il ne faudrait pas qu’il le commence contre nous. Ce qui a été important dans ce match, c’est le fait qu’ils aient annulé Biedrins et bien tenu les arrières Valters et Skele, qui n’ont pas eu l’impact habituel par rapport à ce qu’on a vu dans les matches amicaux. On les a vus jouer quatre fois en match amical, et ils étaient très productifs, alors qu’ils ont été tenus.
Ronny Turiaf a de nouveau fait un gros match…Il a été plein d’allant et surtout il a scoré tout de suite à l’intérieur. Il a été présent dans l’aspect défensif. Ronny confirme ce qu’il a fait en qualification.
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