Pascal Legendre Directeur de la rédaction de BasketNews, MaxiBasketNews et BAM
Je ne dis pas que la carrière de Ian Mahinmi est fichue. Il n’a que 22 ans depuis novembre. Je pense simplement qu’elle prend une vilaine tournure.
Ce week-end, la nouvelle est tombée sur Internet : Ian Mahinmi, le Français des San Antonio Spurs, est out jusqu’à la fin de la saison. Victime d’une entorse de la cheville droite cet été, il a longtemps patienté, espérant que l’inaction l’amènerait à la guérison. Mais le sang n’a jamais été complètement résorbé. Les Spurs l’ont envoyé consulter un spécialiste à Los Angeles. Au retour, le club a pris la décision de le faire opérer.
Pas très convaincants le staff médical des Spurs sur le coup ! Heureusement que ce ne sont pas les toubibs de l’équipe de France qui avaient pris en charge Mahinmi car sinon, les Américains auraient crié à l’incompétence… (alors, oui, ça me fait du bien de les tacler ;-)).
Récapitulons la carrière de Ian.
C’était un gros espoir du basket français au Havre, club de sa région (Ian est né à Rouen). En 2006, il rejoint Pau alors en Euroleague et qui va disputer le top-16. Logique. Seulement, il s’aperçoit que le niveau est super élevé (y’a plein de Ricains dans le Béarn cette année-là). Il n’aura joué que 203 minutes en 18 matches, marqué 3,7pts, tout en commettant beaucoup trop de fautes. Pas trop grave, il est encore très perfectible.
C’est là que tout se gâte (sauf pour ses finances). Les Spurs en font le 28e choix de la draft. Et au lieu de le laisser en couveuse, à Pau, ou ailleurs en Europe, les Texans le font venir à demeure. Pour se rendre compte que le Français n’a pas (encore ?) les capacités nécessaires pour être compétitif en NBA. Il ne joue que 6 matches sous la tunique noir et argent et il est envoyé à Austin, en Ligue de Développement. Ligue de développement, laissez moi rire ! Il y a longtemps que l’on ne croit plus à ce genre de trompe l’œil, à ces mots vides de sens. Ian va produire des chiffres (ah ! que je déteste cette expression bidon), tournant à 16,8pts et 7,9rbds, mais il ne va pas apprendre, j’en suis certain, le quart de ce que lui aurait enseigné les Espagnols ou les Grecs, le jeu et ses ficelles.
Année zéro pour Ian Mahinmi donc… Dans le dernier BasketNews, Bogdan Tanjevic, coach de Fenerbahçe et de l’équipe nationale turque, s’emporte, « on a vu trop de jeunes joueurs partir en NBA pour ne rien y faire !(…) Pas de draft avant 23 ans ! » Je souscris à 100%. Il est temps de se rendre compte que le rêve NBA peut tourner au cauchemar. Et puis, les banquiers peuvent patienter un peu. Les plus riches clubs européens ont les moyens d’offrir des revenus "décents" de substitution !
OscarA, tu répond à des bouts selon ton souhait ou à l'ensemble que tu aurais (vraiment) lu ?
iabus | Jeudi 29 Janvier 2009 (12h59)
Parceque si c'est l'ensemble, tu n'as pas compris grand chose (ou je m'exprime mal peu importe).
1 Exemple sur TP : J'ai donné l'exemple de TP qui a réussi tôt puis J'AI AJOUTE POUR REGLE GENERALE "Je pense que c'est surtout une question d'individu et surtout d'opportunités (et donc de chance avant tout)". Alors si tu transforme cela en "quand tu évoques TP, c'est quand même pas mal, dans le genre mauvaise foi. Parce que prendre un exemple parfaitement atypique pour en faire une sorte de règle, fallait oser… " je me dis que soit tu ne pipe rien à rien soit question mauvaise foi, tu as plusieurs longueurs d'avance sur moi.
2 Ce que je dit avant tout c'est qu'il faut éviter les certitudes qui sont de croire qu'on est si bien que cela en Europe (et en France surtout puisque le cas Mahinmi n'a jamais traversé les frontières). Le basket US a ses travers que l'on connait mais on est loin de la perfection. Tu parles de chiffres de D-League peu significatifs mais personne n'a jamais dit le contraire !? Tu dis qu'il est impossible de savoir si 30mn de jeu là bas ou 5mn ici est le mieux pour la suite de la carrière de Mahinmi mais c'est exactement ce que je dis aussi ^^ Ce n'est pas parceque je suis pas d'accord avec le développement de Legendre que je suis forcément à l'opposé de tout ce qu'il peut dire dans cet article !?
3 Pour le bulldozer, encore une fois, c'est un shéma, une exagération pour faire passer une idée. Celle qui est de dire que pour réussir en NBA, il n'est pas forcément obligé d'être le joueur le plus subtile et complet du monde. C'est un jeu de rôle où un joueur formé et complet façon Gelabale n'a pas forcément plus sa chance qu'une bourique façon Madsen. Après ton exemple de Petro ne colle pas car il n'a rien d'un bulldozer aux mains carrés. Et c'est peut être aussi son problème car s'il était au moins un bon rebondeur, avec son gabarit il aurait entériné sa place de titulaire aux Sonics plutôt que de faire le yoyo.
L'exemple de Gelabale est très intéresant par contre car voici un joueur qui a eut le privilège d'évoluer dans une grosse écurie, qui a suivi des entrainements de Yougo et qui est arrivé avec un profil assez européen même s'il avait aussi des facilités athlétiques. Résultat des courses ? La NBA lui a largement préfèré les muscles de Damien Wilkins (pas mauvais par ailleurs le bougre). Et c'est là que c'est gênant. Mikaël Gelabale est un superbe basketteur sachant un peu tout faire sur un terrain. C'est une réussite de formation à mes yeux. Pourtant, une fois en NBA, c'est cette même formation que l'on apprécie car elle donne de basketteurs plus que des spécilistes, qui l'a gêné pour se faire son trou. Est-ce une bonne chose au final ? Dans l'absolu oui. Pour que Mike soit stable sportivement en NBA et avec un gros compte en banque tant qu'à faire, peut être pas ? A chacun sa vision.
4 On fait plus d'entrainements ici parceque moins de match. Ok mais la question qui importe c'est est-ce qu'on y joue plus au basket toute manifestation confondue car on ne peut pas dire qu'un match n'est pas formateur. La réponse est moins évidente. De même pour la qualité des rencontres et des entrainements, c'est très relatif et il est impossible d'en mettre un en avant en toute objectivité. Et puis c'est la D-League pour Ian, ya pas tant de matchs que cela. Et avec son gros salaire, il a les moyens de se payer du coach dans les secteur souhaités plutôt que de suivre un entrainement collectif supplémentaire et pas forcément des plus adaptés donc tout cela est plus que discutable. Je le répète, je ne suis pas pro-formation US du tout mais il me parait très difficile de s'avancer autant sur l'évolution d'une carrière parcequ'un jeune n'est pas resté 2ans de plus dans un pays qui ne lui donnait pas sa chance pour partir dans un autre pays qui ne lui donne pas sa chance non plus.
5 Concernant la chance donnée aux jeunes, c'est plus ou moins la même pour moi. Un Bon jouera où qu'il soit, un toto sera mis sur le côté où qu'il soit aussi. Et l'exemple de Mahinmi pris ici le confirme. Il y a plein de 85 en EL ? Ba c'est bien yen a aussi en NBA. Si on prend l'équipe de Portland, un 85 est même un ancien ^^ Yen a plein qui échouent en NBA ? Ba pas plus qu'ailleurs à mon avis sinon moins vu qu'ils sont logiquement moins nombreux à être appelés en NBA. La grosse différence c'est qu'en NBA ce sont souvent les meilleurs potentiels qui y vont donc s'ils n'y percent pas, la déception est plus grande mais est-ce que l'âge de la draft empêcherait tout cela ? La solution me parait un peu simplette pour la simple raison qu'un jeune basketteur évoluant en France entre de 21 et 23ans n'est pas plus en formation qu'en NBA mais bel et bien dans une équipe profesionnelle qui n'investira sur lui que s'il apporte quelque chose, exactement comme en NBA ou en FIFA ou en n'importe quoi. Les clubs pro européens ne sont pas l'INSEP ni l'abbé Pierre faut arrêter les fantasmes là. Alors oui je reconnais que quand je dis que les erreurs seraient aussi nombreusesà 21 qu'à 23 j'exagère mais faut pas s'emballer non plus, rien ne dit que Kwame Brown aurait percé s'il était venu plus tard comme rien ne dit que Weiss aurait pu s'imposer car venu plus tardivement. Il y a quand même le talent et autres qualités de base et ces derniere ne sont pas laissé en déshérance dès qu'on est drafté ^^ Et puis après il faut s'entendre sur ce qu'est un échec. L'erreur avec Brown c'est de l'avoir drafté trop haut plus que trop tôt. S'il avait fait la fac de bout en bout ou s'il était allé dans la sainte formation européenne, il aurait peut être fini sur un playground. Alors oui pas de déception mais pas de gros chèque "gratuit" non plus. Cet échec est peut être un succès qui sait ? Qui peut savoir ? A l'inverse, un Navarro à la formation achevée était un succès dès son arrivée. Il a pourtant fait demi-tour car il préfère être une star en Europe que le 6ème homme de Memphis. Il aurait pourtant peut êre pu continuer et devenir un tituaire incontesté de la grande ligue mais apparemment ce succès que l'on commençait à peine à apprécié était un échec pour lui. Ce que j'en retire c'est que les mieux placés restent les joueurs eux-mêmes. On parle tout de même de bonhommes de 21 piges majeurs et vaccinés. S'ils pensent qu'en étant médiocres en France ils seront bons là bas, libre à eux d'y aller mais personne ne les force.
Si on produit des jeunes avec un cerveau de McDo, on ne va pas le reprocher à la NBA via un âge de draft ou des salaires trop généreux ?
Penchons-nous plutôt sur le pourquoi nous n'arrivons pas à conserver des jeunes qui sont soit-disant très prometteur (je pense à Mahinmi toujoyrs là). Pourquoi nous sommes incapable de leur donner leur chance en tenant le double discours qu'ils devraient rester plus longtemps ? Pourquoi les meilleurs clubs espagnols qui sont supérieurs aux français, n'hésitent pas à mettre le paquet sur leur génération et viennent même nous piquer du jeune pour leur super club alors même qu'ils n'ont pas dépassé les 21ans ? En quoi cela est moins gênant que de les voir partir en NBA puisqu'il y aura aussi concurence, gros salaire et multitude de matchs ? Bref un nettoyage du nombril me parait plus opportun que de pleurer sur des critères de draft qui ne sont que les conséquences d'un marché (qui pourrait être encore plus impitoyable d'un point de vu légal d'ailleurs !) où chacun est assez grand pour ne pas venir se plaindre par la suite.
6 Au final, je repose la question, en quoi évoluer 5mn dans une équipe française moyenne est assurément(-> ce mot n'est pas là pour décorer) plus bénéfique que d'essayer d'évoluer en NBA quitte à finir au bout du banc ou en D-League ? Que DeColo ou Batum restent pour continuer à apprendre, on peut comprendre vu comme ils sont mis à contribution mais que Mahinmi apprenne en restant sur un banc, qu'il soit européen ou US, je vois pas vraiment la différence sinon une très forte estime de la France appelé chauvinisme.
7 Concernant le "gratin", je suis d'accord qu'il ne s'agit pas d'une vraie génération dans la durée mais si je n'ai pas mis le Shaq que je trouvais trop à cheval sur la période (que j'arrête environ en 98 avec le dernier titre des Bulls), quand je regarde les 10 présentés, ils ont tous 30ans ou plus et sont sur leur fin de carrière. Soit l'inverse des 10 suivants. Alors oui si en gros tu prend le plus âgé (Kidd) et le plus jeune (Kobe), il y a 5 ans de différence m'enfin dire qu'ils ne sont pas de la même génération alors qu'ils ont respectivement 14 et 12ans de carrière en NBA et que Kidd n'a donc passé que 2ans sur 14 sans y rencontrer Kobe, c'est de la mauvaise foi encore une fois désolé.
8 Je tiens à revenir sur la blessure de Mahinmi. Quand tu dis "Le problème n'est pas tant que Mahinmi se soit blessé que le fait que ses progrès ne sont que des suppositions, deux ans après son départ en NBA (euh… en D-League)." Ba moi je te dis que je réagis au blog tout bêtement. Ca commence par la blessure de Mahinmi et il y a cette phrase "(...)mais il ne va pas apprendre, j’en suis certain, le quart de ce que(...)". Donc si la blessure de Mahinmi n'a pas sa place dans cette histoire pourquoi en faire toute l'introduction ? (et je rejoins mon 1er post car je ne vois toujours pas le rapport). Et puis s'il est très difficile de connaitre sa progression étant donné qu'il est difficile d'apprécier la qualité de son environnment, pour être certain qu'il serait mieux ici, c'est du domaine de la science fiction. Reste que à mes yeux, (le moment de) sa blessure est bien plus capitale que n'importe laquelle des formations qu'on aurait pu lui prodiguer. Quand on voit que la rotation des Spurs à l'intérieur doit être quasiment la seule faiblesse de l'effectif, on peut imaginer qu'il aurait eut sa place et on aurait alors pu juger de son évolution sur du concret.
Iabus
OscarAbine | Jeudi 29 Janvier 2009 (08h59)
J'ai également l'impression que tu mélanges un petit peu tout. Le problème n'est pas tant que Mahinmi se soit blessé que le fait que ses progrès ne sont que des suppositions, deux ans après son départ en NBA (euh… en D-League). Tu dis que ce n'est pas en jouant 5 mins par match dans une équipe médiocre que l'on progresse, je suis d'accord. Et même 30 mins par match dans une "équipe" de D-League, ben on progresse pas. Et les chiffres obtenus, on sait désormais ce qu'ils valent : le Rod Benson meilleur rebondeur de la-dite League, on a vu ce que ça donnait en France… Ca donne une idée du niveau de médiocrité de cette ligue… Après, oui, jouer 5 mins en Euroleague, ça fait pas forcément beaucoup progresser non plus. Cela dit, quand tu passes tous tes entraînements (et on s'entraîne généralement plus en Europe qu'en NBA, tout bêtement parce qu'on joue moins de matchs…) à te frotter aux gros mastards de l'EL, ça aide à progresser. Et puis bon, que ce soit en Europe ou aux USA, si t'es bon, tu joues ; si t'es pas assez bon, tu joues pas. De quoi justement se poser des questions sur des Mahinmi, des Petro, des Ajinça (encore que lui a l'avantage du doute ; il ne fait qu'arriver)… Pour le reste, quand tu évoques TP, c'est quand même pas mal, dans le genre mauvaise foi. Parce que prendre un exemple parfaitement atypique pour en faire une sorte de règle, fallait oser… Alors que les exemples de joueurs (même US) rentrés trop tôt en NBA et qui s'y sont crashés pullulent. Et je n'ai jamais entendu dire que deux ans de formation supplémentaire aient jamais desservies un joueur… Après, que la formation telle que les joueurs la suivent en Europe soit plus ou moins adaptée à ce qui se pratique en NBA, c'est sûr. Parce que l'on ne demande pas forcément la même chose aux joueurs. Preuve en est que de bons joueurs NBA ne réussissent pas forcément en Euroleague, l'inverse se révélant tout aussi vrai. Quant à dire que l'Europe ne donne pas plus sa chance aux jeunes, là, c'est largement à relativiser ! Regardes la compo de pas mal d'équipes d'EL, notamment dans les pays de l'ex-Yougoslavie et de Lituanie, on y voit pas mal de jeunes jouer un bon paquet de minutes. Et la plupart des équipes du Top 16 ont deux-trois 1985 et après qui jouent régulièrement. Sans parler d'un Rubio qui "écrase tout" à 18 ans (mais c'est lui aussi un cas particulier). Quant à ta démonstration sur la carrière du bulldozer aux mains carrées, faut regarder les choses en face : ouais, le gars va faire deux-trois ans à un très bon salaire mais qui voudra de lui ensuite ? Et à quel tarif ? Tu crois que Petro, par exemple, il fait fantasmer une quelconque équipe d'EL (sans même parler de NBA) ? Qu'il se verrait proposer ne serait-ce que 100 000 Euros la saison ? Pas sûr… Et en plus, là, on parle pas "d'amour du grand public" ou de "viser le titre"… Un Turiaf, lui, OK il a visiblement une (relativement) bonne carrière NBA (4 pts – 3.5 rbds, y'a quand même pas de quoi crier au miracle, même si c'est de toutes façons phénoménal vu ce qu'il a connu il n'y a pas si longtemps…). Mais on connaît aussi ses limites. En ce qui concerne l'âge de la draft, bien sûr que si, il faudrait le monter. Pour que les meilleurs prospects se forment. Après, si ce "jeunisme" a effectivement un impact commercial, en ce qui concerne le sportif, j'en suis bien moins sûr… Et comparer le "gratin" de la nouvelle génération, à quelques exceptions près, avec la précédente (un joyeux mélange entre des joueurs pas vraiment du même âge, Kidd et Kobe, par exemple…) me fait assez doucement rigoler (pour 5 ou 6 qui sortent du lot, combien de Kwame Brown ?). Mais peu importe. Bref, la draft à 23 ans (ou 22, allez !), ça empêcherait peut-être certains "prospects" de réaliser leur "rêve" (plein de dollars en cirant un banc en NBA…). Mais ça ferait sans doute de meilleurs basketteurs : un bienfait pour eux (sur le long terme, un gros mot), pour leur équipe, pour le spectacteur aussi (parce que les "stars" pas foutues de faire deux passes, pfff…). Cela dit, je suis d'accord sur ta conclusion, épargnons-nous une guéguerre Europe-USA aussi inutile qu'insensée (au sens premier du terme). L'important serait même qu'il y ait enfin unification des règles au niveau mondial. Le basket est quand même le seul sport dans ce cas. On joue au foot, au rugby, au volley, au hand (et même au curling, c'est dire…) de la même façon partout dans le monde (le curling se faisant plus rare dans les pays tropicaux…). Y'a qu'au basket où on croît bon d'avoir des règles différentes selon qu'on est en NBA, en NCAA ou dans l'univers FIBA. Une "spécificité" dont on n'a pas à être fiers… Reste plus qu'à ce que tout le monde accorde ses violons. Pas gagné…
On part d'un jeune qui se blesse et on arrive à "pas de draft avant 23ans" ???
iabus | Mardi 27 Janvier 2009 (15h19)
Difficile de faire le lien entre le début et la fin de l'article. Mahinmi s'est blessé et c'est là le véritable problème. En faisant parti de la préparation et en jouant donc une 30aine de minutes en pré-saison comme l'avait prévu Pop peut-être aurait-il rejoint le sort d'un George Hill. Peut-être aurait-il pris plus ou moins la place de Thomas ou Bonner ou Oberto avec le temps ou rapidement et donc peut-être seriez-vous en train d'encenser son engagement dans la grande ligue ? Donc dire qu'il n'a pas appris le quart de ce que les grecs lui aurait enseigné c'est de la mauvaise foi parcequ'un joueur en costard dans les tribunes n'aurait pas appris grand chose où qu'il soit ! De la même façon, c'est pas en jouant 5mn par match dans une équipe médiocre que l'on peut prétendre mieux assurer la progression d'un joueur (surtout si on sait qu'il va partir d'un moment à l'autre, ça va pas pousser le staff à faire un effort pour lui). En tout cas, au delà de la "production de chiffre", mahinmi a été titulaire d'un gros temps de jeu et a évolué dans des systèmes bien plus proches de ceux qu'il est censé pratiquer à l'avenir qu'en restant en France. En tout cas il est impossible de prédire qu'une période supplémentaire en Europe lui aurait assurré une belle carrière ou même début de carrière aux USA vu la façon dont il était utilisé !
Et puis on ne peut pas dire que rentrer dans le grand bain au plus tôt soit forcément un désavantage en terme de formation, en témoigne la carrière de notre TP national. Je pense que c'est surtout une question d'individu et surtout d'opportunités (et donc de chance avant tout). Des ratés et des surprises il y en quasi aura autant à 21 qu'à 23ans. C'est pas non plus l'âge d'or d'un basketteur. On reste dans le fantasme à ces âges et la NBA les a méchament fait exploser concernant Ian. Vu ce que Mahinmi abattait comme boulot avant son départ, personne ne parlait autant de lui avant que les Spurs ne se manifestent concrètement. Donc le haut niveau qu'il aurait été censé atteindre grâce aux enseignements incomparables de la France est-il sur-évalué par sa signture en NBA ou est-ce qu'il est si bon que cela et que l'Europe qui ne lui avait pas donné sa chance est juste jalouse que la NBA lui pique Mahinmi pour ... ne pas lui donner sa chance ?
D'autre part, est-ce que l'expérience professionnelle purement euro est forcément et assurément bénéfique une fois en NBA ? N'a-t-on point vu des joueurs "formatés" Europe avoir du mal a s'adapter à la NBA et vis versa malgré que ce soient de beaux joueurs avant de traverser l'Atlantique dans un sens ou un autre ? Si l'Europe a la réputation d'offrir une formation plus complète, elle n'a pas la réputation de donner plus sa chance aux jeunes qu'en NBA et les "coincés sur le banc" ne sont pas moins nombreux. De même, les "revenus "décents" de substitution" offerts par les grands clubs ne concernent pas le 1er jeune venu et Mahinmi attendait toujours l'appel. Turiaf, avec moins de formation euro (INSEP puis NCAA), un problème au coeur après sa draft et un passage en CBA, a non seulement décolé mais il vient de signer un contrat juteux (trop peut être ? m'enfin de quoi voir venir pour lui). N'est-ce pas un contre-exemple ? Après que Batum ait faillit rester le bec dans l'eau pour pas grand chose, peut-on se dire que les Lakers auraient autant investi si la seule référence en leur possession avait été 5mn de jeu pour le 10ème homme de trifouilli les oies (façon Mahinmi) ?
Parceque c'est bien beau d'avoir l'esprit grec, le shoot serbe, la défense française et la technique espagnole... mais si ce n'est pas reconnu dans la ligue où l'on souhaite percer, ça ne sert pas à grand chose. Parfois, un simple buldozer aux mains carrées capable d'engranger des rebonds fera une plus belle carrière. Et même si ce role player décrit ici aurait pu être, à coup sur, un basketteur complet s'il avait (pris le risque d') une formation plus européenne, on ne peut pas pour autant affirmer catégoriquement qu'il est préférable d'être reconnu par un microcosme de connaisseurs et signer un contrat moyen que d'être millionaire dans une grosse franchise visant le titre avec l'amour du grand public en prime même si on ne sait pas vraiment manier le cuir au final. On parle tout de même de carrière avant tout et non d'un profil de basketteur qui nous sied plus qu'un autre.
Concernant l'âge de la draft, 23ans c'est tout bonnement impossible à envisager. Maintenant que Stern a importé une bonne quantité de star pour "boucher" l'après Jordan, il a fait un petit effort sur l'âge mais ça n'ira pas plus loin. Après on touche carrément au succès de la grande ligue puisque c'est le fait d'avoir drafté plus jeune en masse qui a donné à la NBA ses stars d'aujourd'hui. En effet, la "génération" post Jordan touche à sa fin et mis à part les quelques têtes de gondole (Duncan, Kobe, Garnett...) on peut déjà constater que la nouvelle génération emmené par la draft 2003 offre bien plus de promesses. D'ailleurs ce n'est pas un hasard si les gros prétendants sont largement plus jeunes que par le passé. Sur cette période, au niveau de l'expérience, il n'y a que San Antonio et Detroit que l'on pourrait comparer aux Knicks, Rockets, Bulls, Lakers, Suns, Jazz... lorsque finalistes. Dans la même logique, on peut déjà commencer à comparer le gratin de cette nouvelle génération (Paul/Wade/James/Bosh/Howard & D-Williams/Roy/Anthony/Stoudemire/Bynum par exemple) avec celui de la précédente (Kidd/Bryant/Pierce/Garnett/Duncan puis Nash/Carter/McGrady/Nowitzki/Mourning). Cette même comparaison entre les M.Johnson, Stockton, Jordan, Drexler, Bird, Wilkins, Malone, Olajuwon, Ewing, Robinson... et ceux qui suivèrent (Carter & co) n'a jamais été possible même lorsque les ainés avaient dépassé la 30aine comme c'est le cas pour les Carter & co aujourd'hui. Une fois encore le jeunisme sourrit à la NBA sur le plan commercial mais aussi sportif étant donné que le niveau n'est pas moindre et tent à augmenter.
Avec de tels faits, difficile donc de reprocher une draft avant 23ans étant donné que l'argumentation opposée n'est qu'hypothétique et fondée sur la base "nous européens, sommes meilleurs que vous pour former" (et pourtant on produit moins de killers ^^). Si toute la difficulté d'un professionnel européen du basket nouveau venu c'est d'avoir maintenant l'opportunité de gagner du pognon tout en se rapprochant de ses rêves au risque de s'emballer et de devenir riche mais pas si bons que prévu/imaginé, tout n'est pas si triste loin de là. Il y a peut être d'autres préoccupations plus importantes de choses vraiment nuisibles à ce sport qu'une guéguerre Europe/USA déjà perdue avant de commencer.
TITRE
iroquois | Mardi 27 Janvier 2009 (11h50)
Il faut voir aussi ce que les gars ont dans la tronche. S'ils ne se croient pas plus fort qu'ils ne le sont, si le basket pr eux est un gagne-pain ou une passion. Dans ce dernier cas, j'ai du mal a comprendre qu'on puisse glander une saison voire plus sur un banc. Peut etre certains savent qu'ils ne joueront pas mais vont en nba pour etre pepere.
Vrai mais
clemchoq | Mardi 27 Janvier 2009 (10h14)
utopique. Personne ne pourra interdire à une personne majeure de se présenter à la draft, et le cas échéant d'empaucher les sommes rondelettes allant avec. Peut on en vouloir à un joueur de 20 ans de choisir "la vie de rêve" ( à prononcer facon Tony MONTANA), plutot que des 2 entrainements/ jours avec un coach Yougo. Et ne venez pas me parler d'amour du maillot. C'est triste, le basket dans son ensemble n'en sort pas plus fort mais c'est comme ça....malheureusement.