Pascal LegendreDirecteur de la rédaction de BasketNews, MaxiBasketNews et BAM
Il y a actuellement un débat passionné sur notre site à propos du nouveau «papier» de l’hebdo. Beaucoup préféraient l’ancien et c’est bien leur droit.À titre perso, j’apprécie le nouveau format – davantage tabloïd -, qui tient mieux en mains, qui ne s’affaissent pas dans les linéaires, mais je reconnais que la qualité des photos doit être améliorée.
Dans un monde idéal,
BasketNews ferait chaque semaine 84 pages sur du papier glacé, serait vendu 1,50 euros, concocté par une trentaine de journalistes, au moins quatre metteurs en page – je donne ces chiffres un peu au hasard - et parlerait des grandes stars du championnat de France, style Papaloukas et Jasikevicius, médiatisées régulièrement sur le service dit public. Avec l’équipe de France en
prime time sur
TF1.
Sauf qu’il n’y a que 6 journalistes et demi (il se reconnaîtra ;-)) staffés, trois collaborateurs permanents aux USA, parfois des stagiaires et… un metteur en page. Les mots «vacances», «récupération», ou «35 heures» n’existent pas dans le dictionnaire de
Tomar Presse (oups ! Il y a peut-être un inspecteur du travail qui lit ce blog). Vous le savez : en kiosques, il vaut 3 euros (d’ailleurs, contrairement à ce que beaucoup croient, s’abonner est beaucoup plus intéressant financièrement, et pour le lecteur et pour l’éditeur). Et il faut aussi réaliser chaque mois avec la même équipe,
MaxiBasketNews et
BAM. On vous narre ainsi les perfs de Aldo Curti et Eric Campbell dont les matches sont diffusés deux fois par semaine sur
Sport +.
Non,
BasketNews n’est pas
France Foot ni
Midi Olympique, tout simplement parce que le basket est en France à la ramasse du foot et du rugby. Le basket d’élite n’est pas «populaire», il est réservé à une «chapelle» et, c’est une règle économique, moins on est nombreux et plus c’est onéreux.
Je suis originaire du camp d’en face puisque j’étais l’un des co-fondateurs de
Maxi-Basket et de
MVP Basket et leur rédacteur en chef. Je peux vous assurer deux choses :
1) J’ai été époustouflé que des gens puissent créer un hebdo –
Basket Hebdo - en 1996, alors que
France Télévisions larguait le basket et qu’Internet en était encore à ses prémices (il fallait aller à la pêche à l’info et ne pas re-pomper un article lui-même parfois d’origine douteuse, faire du journalisme, quoi). J’estimais tout simplement qu’un hebdo de basket ne pouvait pas être «rentable» ; un vilain mot quand on évoque sa passion, mais que l’on ne peut pas esquiver si on a les deux pieds sur terre. Il aura fallu à ces gens-là être extrêmement astucieux pour ne pas sombrer dans le premier ravin. Aujourd’hui, ses créateurs me racontent combien avait été épique le lancement de
Basket Hebdo et la médiocrité des photos, de l’impression. Honnêtement, ça ne m’avait absolument pas marqué. J’avais tout simplement trouvé le contenu remarquable. Point. Même que je préférais l’ancienne formule en noir et blanc avec du papier qui tâche plutôt que la suivante (format réduit et photos en couleur) !
2) J’ai découvert la rédaction de
BN il y a un peu plus d’un an… Je peux vous jurer que Stakhanov était un glandeur à côté de ce pool de journalistes (j'englobe tout le monde dedans, y compris le chef de pub-régleur de ventes-standardiste-, qui a toujours le soleil entre les deux oreilles). J’ai même dit à Fabien que c’est un fedayin du basket. Je connais des organes de presse où les gens travaillent deux et même trois fois moins, pour un salaire au moins deux fois supérieur.
Alors, oui – et je suis le premier à le dire -, lorsqu’on va au restau, on s’en fiche que le mirliton ait une angine ou que le poireau ait doublé de prix sur le marché. Ce qui compte, c’est ce que l’on a dans l’assiette. On paye pour ça.
Ceci dit, soyons direct : le nouveau «papier» de
BasketNews entraîne une baisse sensible des coûts et c’est un bon moyen d’assurer sa pérennité. Et en plus, c'est vrai, c'était notre choix originel de mettre un «papier journal» comme celui-ci, dans le genre de ce qu'était le
Sporting News (un hebdo omnisports US) il y a quelques années. Sans doute aurions nous dû le faire dès septembre 2008.
Alors, si j'ai eu envie d'écrire ce
post, c'est que j’ai trouvé certaines critiques un peu «injustes», même si pas dénuées de fondement. Et c’est pour ça qu’elles sont dures…
Je me dis que si demain en France les fans de basket devaient de contenter d’infos sur Internet plus ou moins vérifiées, d’une petite page dans
L'Équipe, de la PQR qui est si mal en point, et de magazines sur la NBA dont certains sont du plus haut comique (vous avez feuilleté le guide de la saison des
Éditions Lafont ?), ils n’auront plus que leurs yeux pour chialer. On reviendrait quasiment à l’époque glaciaire d’avant 1982 :( Et, pour l’avoir connue, je peux vous dire que comme fan, j’étais sacrément frustré !
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