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Vache sacrée
Vache sacrée
Vendredi 28 Août 2009
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Pascal Legendre
Directeur de la rédaction de BasketNews, MaxiBasketNews et BAM

Peut-on toucher à une vache sacrée ? En principe, non. Et pourtant, alors que je file vers Cholet en TER, je me dis qu’il ne faut pas se voiler la face : Boris Diaw n’est plus que l’ombre du joueur magnifique qu’il était il y a, disons, quatre ans.


Vous avez sans doute vu comme moi Belgique-France à la télé, hier soir. L’équipe de France est en position de force pour se qualifier pour l’Euro polonais –moins 4, c’est une marge que les Bleus devraient combler à Pau, ou alors c’est tout un système, toute une génération et tant d’illusions qui tomberaient à l’eau. Et pourtant, je suis ressorti terriblement frustré de ma (notre) soirée et je me suis réveillé avec un vague mal à la tête ce matin.

Cette fois, tout le monde était prévenu : c’était un match à fort enjeu et les Belges allaient nous attendre avec la hache de guerre. Et ils ont fait montre d’une hargne exemplaire avec un public un temps admiratif devant la maestria de Tony Parker, et qui peu à peu s’est rendu compte que ses Lions pouvaient donner la leçon à l’équipe du Magic Circus de la NBA.
Que Flo Piétrus, accablé d’entrée par les fautes, passe à côté de son match, ne me paraît pas blâmable, ça arrive. Que les Bleus soient de nouveau sous « Parker dépendance », le regardent jouer quand le meneur des Spurs slalome dans la défense adverse, et soient orphelins lorsqu’il retourne sur le banc, est nettement plus préjudiciable. Nicolas Batum a-t-il perdu tout son savoir faire dans son stupide aller-retour à Portland ? Evidemment, non. Seulement, les responsabilités sont apparues nettement moins bien partagées que lors du match retour contre l’Italie, par exemple.

Plus grave –j’y viens-, Boris Diaw n’apporte pas ni un capital points, ni sa science du jeu légendaire. Phénomène passager. Pas sûr. Où est le Boris félin, magistral, qui avait porté à bouts de bras l’équipe de France au premier tour de l’Euro en Serbie, et défendu le plomb pour que la France accomplisse un extraordinaire exploit aux dépends de la Serbie à Novi-Sad ? Il fut officieusement le numéro 2 du tournoi derrière Dirk Nowitzki. On avait déjà remarqué qu’il n’était plus aussi aérien un an plus tard au Japon, et le phénomène s’était aggravé en Espagne en 2007.

Boris a grossi, énormément. Voila la raison. Et ce n’est pas (uniquement) dû à une musculature plus volumineuse. C’est de la graisse. Pas besoin d’être médecin ou physionomiste pour s’en apercevoir. Et lorsque vous avez des kilos en trop, forcément, vous ne courez plus aussi vite, vous ne volez plus, vos temps de réaction sont plus lents. Boris Diaw, meneur de jeu ? Vous rigolez. Boris Diaw, ailier ? Pftt… Il fait tout désormais au ralenti. C’est désormais viscéralement un 4. Par défaut. Les Charlotte Bobcats se contentent ils de cet ersatz de Boris Diaw ? Je ne sais pas et à la vérité, je m’en contre-fiche. Ce qui est certain, c’est que l’équipe nationale de mon pays perd gros –sans jeu de mots- et c’est ça qui importe.

Je ne partage pas ses repas, aussi je ne serai pas affirmatif, mais il apparaît d’après quelques témoignages revenus jusqu’à mes oreilles, que Boris n’a pas une hygiène alimentaire –c’est comme ça qu’on dit ?- à la hauteur de son immense talent. Aux gens que l’on aime, il faut leur dire la vérité, et s’il existe quelqu’un de charmant, intelligent, et qui est attaché au maillot national, c’est bien Boris Diaw. Alors, Boris, stp, pour ta carrière, pour toi, pour nous, fais un petit régime, prend un diététicien, c’est comme tu veux, mais dégonfle un peu. C’est quelqu’un qui a besoin aussi de fondre qui te le dit. Sauf que lorsqu’on tape sur un clavier pour faire un post sur un bog, la surcharge pondérale n’a aucun effet nocif, tandis que lorsqu’on est basketteur…