Vive la Belgique !
Samedi 22 Août 2009
Pascal Legendre
Directeur de la rédaction de BasketNews, MaxiBasketNews et BAM
Pour ouvrir la porte de l’Euro polonais, les Français vont donc devoir livrer un ultime combat face à la Belgique. Le match aller se déroulera à Anvers le 27 août, et le retour au Palais des sports de Pau le 30. Je suis pleinement satisfait de ce final car j’aime la Belgique.
J’ai traversé tant de fois ce plat pays, visité en profondeur aussi la Flandre comme la Wallonie, et puis Bruxelles, et j’en suis revenu à chaque fois ravi. J’aime la Grand-Place de la capitale, Bruges considérée comme la Venise du Nord, les moules-frites et puis la Mer du Nord comme dernier terrain vague (ce n’est pas de moi ;-)). J’aime la Belgique et les Belges, leur convivialité, leur bonne humeur. J’aime Jacques Brel, Cécile de France (oui, elle est Belge, la coquine !), Lio (enfin la Lio de Banana Split), et tellement Tintin.
Je suis allé trois fois en Belgique pour des reportages. Quel accueil ! J’y ai rencontré à quinze ans d’intervalle Eric Somme, un personnage. Je ne vois que Pierre Seillant comme équivalent outre-Quiévrain (j’adore l’expression). A Charleroi, son Spiroudome (quel joli nom… A comparer avec « la salle municipale polyvalente Michel Barbier de trucmuche-les-Bains ») est un petit joyau, un modèle pour les clubs français en mal de grandes salles. On y voit du bon basket dans une ambiance festive. La bière coule à flots, de la Chimay, de la Corona. J’ai eu la chance de visiter les loges et de déjeuner avec le manager sportif David Desy dans l’hospitality (on y sert jusqu’à 700 couverts les soirs de match), et d’y rencontrer Jacques Stas, ancien capitaine des « Lions », actuel assistant coach de la sélection, un passionné, tchatcheur, chambreur. Les Belges, surtout les Wallons bien sûr, connaissent TRES bien la France et notre basket, mieux même que beaucoup de nos compatriotes. Ils nous considèrent comme des grands frères, et leurs critiques –comme leurs compliments- font mouche à chaque fois.
J’aime la pétulance de Doum Lauwers, la story de Didier Mbenga, la classe de Axel Hervelle, l’un des meilleurs joueurs européens. Et pour moi, un France-Belgique, ce n’est pas une lutte fratricide, c’est un match entre amis. Seulement attention à l’habituelle et énorme complexe de supériorité qui habite en général les Français quand ils se comparent à leurs voisins. A ce propos, vous savez que les autoroutes belges disposent de lampadaires. Alors, la blague là-bas, c’est de demander pourquoi ce n’est pas la même chose en France. « Pas besoin » répondent-ils eux-mêmes, « les Français sont tous des lumières ! »
C’est vrai que nous avons vaincu deux fois les Belges l’an dernier en qualifs avec notre équipe de Série B, et que nous leur avions passé une avoinée, il y a deux ans, à Aix-les-Bains en prépa de l’Euro. 52 à 25 après une mi-temps. J’y étais. Comme je me souviens que nous avions ravagé leurs terres lors du fameux été caniculaire de 2003. Tony Parker, qui revenait tout prêt de son lieu de naissance (Bruges), était alors intronisé star mondiale du basket-ball. Il avait déclaré à nos confrères belges ce qu’ils avaient envie d’entendre, à savoir : « si mon père était resté ici deux ou trois ans de plus, peut-être aujourd’hui porterais-je le maillot de l’équipe nationale belge et non française. »
Tout ça est vrai. Seulement, vous pouvez être certains qu’ils ne vont pas se rendre avant même d’avoir combattu, nos amis Belges. Je vous invite à relire à ce sujet « Astérix chez les Belges », où Jules César lui-même décrit les Belges comme les plus braves de tous les peuples de la Gaule :) Si ça ce n’est pas une référence !
Vive la France ! Vive la Belgique !
… Bon, ceci dit entre nous, Français, « ce n’est pas possible que l’on ne se qualifie pas contre des Belges, hein !? »
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