BasketNews Network
Merci Vladimir
Mercredi 27 Mai 2009
Contenu
Réactions
Pascal Legendre
Directeur de la rédaction de BasketNews, MaxiBasketNews et BAM

Je reviens sur la reprise du Zalgiris Kaunas par l’homme d’affaires Vladimir Romanov, symbolique à mes yeux de ce qu’est la réalité du basket européen.

Rappel des faits : le Zalgiris Kaunas, grand d’Europe, et plus encore prunelle des yeux de la Lituanie, était financièrement en déroute. Dès la mi-octobre, le club annonçait un déficit de 5 millions de litas, soit environ 1,4 millions d’euros. Pas de garanties suffisantes, aussi les banques refusèrent de lui prêter de l’argent. Conséquence immédiate : le départ des deux Américains, Marcus Brown et Willie Dean, qui ne touchaient plus leurs salaires.

L’icône Arvydas Sabonis, président du club, a fait jouer ses relations en s’entretenant directement avec Valdas Adamkus, qui n’est autre que le président du pays. Ça ne s’arrangeait pas puisque l’on apprenait un peu plus tard que la dette du club était en fait de 7,5 millions d’euros, soit à peu près le budget survitaminé de l’ASVEL pour la prochaine saison. Je ne vous parle pas de l’énormité de la somme pour un pays instable politiquement et pas confortable économiquement. Tout ceci est de l’histoire ancienne…

Début mai, le banquier Vladimir Romanov a racheté 75% des parts du club, lui redonnant ainsi vie d’un coup de baguette magique.

Romanov, c’est une success story à la russe. Pour subvenir aux besoins de sa famille –son père est mort lorsqu’il était adolescent-, il était devenu chauffeur taxi, avait vendu des copies de disques de musique occidentale, passé six ans dans la marine soviétique. Et puis on le retrouve banquier et PDG de sociétés dans le textile, l’aluminium, la télévision, implantées dans différents pays de l’Est. Romanov détient une majorité des parts de la banque lituanienne Ukio bankas. Il a investit dans plusieurs clubs de foot, les Hearts de Midlothian de la Scottish Premier League, le FBK Kaunas et le FC MTZ-RIPO Minsk, club de 1ère division biélorusse.

Vladimir Romanov a obtenu la nationalité lituanienne à l’indépendance du pays. En mars, il a annoncé qu’il souhaitait se porter candidat à la présidence du pays, mais la commission électorale lui a répondu qu’il n’est pas éligible car né en Russie.

Sa fortune est estimée à 200 millions de livres d’après le Sunday Times.

Lorsque je vois les clubs français, d’Euroleague ou simplement de Pro A, obligés pour vivre de quémander des subventions aux collectivités locales, de se constituer une myriade de petits partenaires, de compter leurs spectateurs jusqu’à l’unité, de respecter les normes draconiennes de la commission de contrôle de gestion, je me dis que c’est profondément injuste, qu’il existe deux mondes parallèles dans le sport européen. Un millionnaire, un seul, et voilà les dettes épongées et je suis sûr que la saison prochaine, le Zalgiris aura une équipe compétitive pour le top-16 et peut-être même le Final Four. Ce n’est pas un cas d’espèce. Ce « modèle économique » est en vigueur dans une majorité de clubs de haut niveau européen. Et pas uniquement dans les pays de l’ancienne glacis soviétique. Comment donc le Panathinaikos est-il re-devenu champion d’Europe ?

Alors, Mme Liliane Bettencourt, MM. Bernard Arnault, François Pinault, qu’attendez-vous ?
Pseudo
Mot De Passe