Pascal Legendre Directeur de la rédaction de BasketNews, MaxiBasketNews et BAM
Je reviens sur la reprise du Zalgiris Kaunas par l’homme d’affaires Vladimir Romanov, symbolique à mes yeux de ce qu’est la réalité du basket européen.
Rappel des faits : le Zalgiris Kaunas, grand d’Europe, et plus encore prunelle des yeux de la Lituanie, était financièrement en déroute. Dès la mi-octobre, le club annonçait un déficit de 5 millions de litas, soit environ 1,4 millions d’euros. Pas de garanties suffisantes, aussi les banques refusèrent de lui prêter de l’argent. Conséquence immédiate : le départ des deux Américains, Marcus Brown et Willie Dean, qui ne touchaient plus leurs salaires.
L’icône Arvydas Sabonis, président du club, a fait jouer ses relations en s’entretenant directement avec Valdas Adamkus, qui n’est autre que le président du pays. Ça ne s’arrangeait pas puisque l’on apprenait un peu plus tard que la dette du club était en fait de 7,5 millions d’euros, soit à peu près le budget survitaminé de l’ASVEL pour la prochaine saison. Je ne vous parle pas de l’énormité de la somme pour un pays instable politiquement et pas confortable économiquement. Tout ceci est de l’histoire ancienne…
Début mai, le banquier Vladimir Romanov a racheté 75% des parts du club, lui redonnant ainsi vie d’un coup de baguette magique.
Romanov, c’est une success story à la russe. Pour subvenir aux besoins de sa famille –son père est mort lorsqu’il était adolescent-, il était devenu chauffeur taxi, avait vendu des copies de disques de musique occidentale, passé six ans dans la marine soviétique. Et puis on le retrouve banquier et PDG de sociétés dans le textile, l’aluminium, la télévision, implantées dans différents pays de l’Est. Romanov détient une majorité des parts de la banque lituanienne Ukio bankas. Il a investit dans plusieurs clubs de foot, les Hearts de Midlothian de la Scottish Premier League, le FBK Kaunas et le FC MTZ-RIPO Minsk, club de 1ère division biélorusse.
Vladimir Romanov a obtenu la nationalité lituanienne à l’indépendance du pays. En mars, il a annoncé qu’il souhaitait se porter candidat à la présidence du pays, mais la commission électorale lui a répondu qu’il n’est pas éligible car né en Russie.
Sa fortune est estimée à 200 millions de livres d’après le Sunday Times.
Lorsque je vois les clubs français, d’Euroleague ou simplement de Pro A, obligés pour vivre de quémander des subventions aux collectivités locales, de se constituer une myriade de petits partenaires, de compter leurs spectateurs jusqu’à l’unité, de respecter les normes draconiennes de la commission de contrôle de gestion, je me dis que c’est profondément injuste, qu’il existe deux mondes parallèles dans le sport européen. Un millionnaire, un seul, et voilà les dettes épongées et je suis sûr que la saison prochaine, le Zalgiris aura une équipe compétitive pour le top-16 et peut-être même le Final Four. Ce n’est pas un cas d’espèce. Ce « modèle économique » est en vigueur dans une majorité de clubs de haut niveau européen. Et pas uniquement dans les pays de l’ancienne glacis soviétique. Comment donc le Panathinaikos est-il re-devenu champion d’Europe ?
Alors, Mme Liliane Bettencourt, MM. Bernard Arnault, François Pinault, qu’attendez-vous ?
Instabilité
Pascal Legendre | Vendredi 29 Mai 2009 (18h58)
@Garcy22 Vous allez me dire "l'article date de 3 ans". OK. Mais 13 gouvernements en 15 ans, c'est digne de la 4e République française, non?
J'adore ces histoires de type qui deviennent des millionnaires du jour au lendemain. 6 ans dans la marine et hop le jour suivant il est banquier. Mdr, ça me rappelle une histoire de Goscinny. J'étais clochard, seul dans la rue et sans un rond. Je décide de me prendre en main, de monter mon entreprise et de devenir riche. Je loue 400m2 de bureau et j'y place 10 commerciaux, etc.... C'est beau!
Pinault...
iabus | Mercredi 27 Mai 2009 (18h30)
C'est pas lui qui avait repris le stade rennais (foot) en annonçant que ce serait l'un des clubs phares de la D1 française ? Je ne suis pas le foot de très près mais j'en entend assez parlé pour savoir qu'on est loin des recrutements des clubs repris par des milliardaires russes comme en Angleterre... Et pourtant le foot a la réputation de rapporter bien plus gros que le basket.
M'enfin c'est une dynamique, dès que nos clubs dégageront des bénéfices méritant investissement, on verra plein d'effectifs de luxe... Bien que j'ai de gros doutes sur le bénéfice dégagé par le Zalgiris Kaunas quand on commence par éponger 7,5M d'euros... Peut être qu'en laissant la main mise de ces anciens agents secrets, heu pardon à ces citoyens modéles et honêtes (ba oui 6ans dans la marine et hop on sort banquier, PDG... le parcours professionnel classique en quelque sortes ^^) sur notre système ça aidera un peu plus.
Bref autant demander la nationalité Lituanienne si l'on veut avoir un joli club local à supporter en Euroleague.
En Lithuanie comme en Israël
josyfeit | Mercredi 27 Mai 2009 (18h13)
le basket est une religion et le sport ou ils ont les meilleurs résultats. Nous avons Marc Frisanco ( Avocat, ancien joueur de L1, a joue avec les frêres Monschau...) un des grands Patron du groupe richemont ( les must de cartier ) qui peux peu être investir dans le sport Glamour.Il n'y a jamais eu aucun article sur lui dans un journal de basket... c'est surement la plus belle réussite sportive avec Solly Azar ..................
Erratum
Garcy22 | Mercredi 27 Mai 2009 (17h08)
Merci de bien vouloir retiré la notion de "pays instable politiquement" de votre article, ceci étant totalement faux en ce qui concerne la Lituanie.