Dijon, Poitiers : les sensations !Badaboum ! Dijon qui va l’emporter à Villeurbanne, et Poitiers à Nancy… Voilà de quoi, forcément, disserter sur ces deux formations ayant créé les premières grosses sensations en Pro A. Alors on vante le plus souvent les individualités dijonnaises et on met en avant le collectif poitevin. Je serai personnellement plus mesuré quant à ce jugement des extrêmes. Il est vrai que Marshall (27 points) et Bradley (30) ont marqué plus de 70% des points de la JDA (81). C’est beaucoup… Mais Wright (19 points) et Younger (18) ont aussi pesé à hauteur de quasi 50% dans le compteur poitevin (77 points).
De Madrid à Dijon…Pourquoi cette remarque ? Quand, au Real, Benzema mais aussi Kaka ou Ronaldo marquent, tout le monde imagine qu’il est facile de jouer avec des joueurs de ce calibre «galactique». Mais sans rien retirer à leur talent, le fait qu’ils soient si souvent à la conclusion résulte bel et bien d’une sacrée animation collective. De Madrid à Dijon, il n’y a qu’un pas (ou presque, ne parlons pas d’euros !). Car si Marshall ou Bradley ont autant scoré, c’est bien la résultante de l’animation, des systèmes et des principes du collectif de leur équipe. Sinon, ne croyez-vous pas que l’ASVEL de Vincent Collet aurait trouvé les clés tactiques pour empêcher ce feu d’artifice du duo US ? Dans cet esprit et vu le collectif dijonnais, qui peut dire d’ailleurs si M'Baye et Krupalija ne seront pas les deux prochains top scoreurs du groupe de Rando Dessarzin ?
Talent poitevinL’équipe poitevine me fait quant à elle penser à l’ASVEL des années Greg Beugnot, dont tout le monde vantait à l’époque - et à juste raison - le collectif. Toutefois, les exploits qu’y accomplissait un certain Delaney Rudd sont encore dans toutes les mémoires, preuve que Villeurbanne possédait aussi une individualité hors normes que Greg, grâce à des joueurs de haut niveau travaillant davantage pour le collectif, optimisait à merveille. À Poitiers, il ne faut ainsi surtout pas sous-estimer les Pierre-Yves Guillard, Cédric Gomez, Rasheed Wright, et Kenny Younger, pour ne citer qu’eux. Il y a aussi du talent dans cette équipe. On ne gagne pas à Nancy par hasard !
Pas d’étiquette svp !Dijon a certes un vécu de haut niveau alors que Poitiers fourbit ses armes. Mais il ne faut pas coller des étiquettes aux gens, aux joueurs, au staff… Un club grandit, ses membres aussi. On garde ainsi l’image des jeunes Poitevins qui brillaient en N1. Mais ils ont é-vo-lué ! C’est d’ailleurs là le grand mérite de ce formateur qu’est Ruddy Nelhomme. Et le Ruddy d’aujourd’hui s’est adapté à son groupe, dont on ne peut plus qualifier les joueurs d’Espoirs, comme il y a deux ans, surtout en terme d’expérience. C’est là toute la qualité de son collectif, qui n’a pas de limites…
Collectif ?Le collectif ? C’est donc l’alternance des prises de responsabilités tout au long d’un match. Par plusieurs joueurs (voir Poitiers samedi) mais aussi, selon le contexte, par le travail effectué pour un seul (voir, la veille, les cinq possessions d’affilée de Marshall avec Dijon). Ne dit-on pas que le joueur chaud doit avoir le ballon ? Le collectif dijonnais a donc joué, il est vrai, avec deux joueurs au top tout au long du match à Villeurbanne. Mais gageons qu’il s’adaptera avec d’autres aux diverses situations dans la saison.
Pas d’étiquette svp ! (bis)Pour conclure cette première intervention sur la Pro A, je tiens à y ajouter une petite touche humaine et perso. On a tous vu, lors de ASVEL-Dijon, l’altercation entre Ali Traoré et Marshall, deux caractères bien trempés, deux joueurs véhiculant leur lot d’émotions et qui contribuent, par leur engagement total, à ce que les salles soient pleines. Qui préfériez-vous voir jouer à la télé ? McEnroe ou Lendl ? Espérons simplement que la passion du Villeurbannais et du Dijonnais sera contrôlée au match retour. Moi, je n’en doute pas, refusant encore une fois de coller une étiquette à un joueur sur un seul comportement. Cet été, à Agde, un joueur pro a renvoyé plus de 100 fois - et avec un grand sourire - le ballon à un p’tit bout de 15 mois. Le p’tit bout, c’était mon fils, Ritchie. Et le pro, c’était Marshall. Et je peux vous dire qu’il est bigrement sympa !
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