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Mardi 17 Février 2009
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Réactions
Fabien Friconnet, 34 ans
Journaliste à Basket-Hebdo, puis BasketNews depuis 1999
Rédacteur en chef de BasketNews et MaxiBasketNews


Dans le prochain numéro de BasketNews, jeudi, notre Thomas Félix préféré, en fin analyste de l’effet papillon (*) remonte le fil des événements qui, de Moscou à Milan, en passant par Le Mans et Trévise, ont mené le meneur US Bobby Dixon jusque dans la Sarthe, en remplacement de Brian Chase.

Concentrez-vous, s’il vous plait. C’est bon, vous êtes prêts ? Alors voici :

1- Au commencement, il y a les difficultés sportives mancelles, couplées aux difficultés financières du Dynamo Moscou. Le meneur du Dynamo, Hollis Price, se fait la malle.

2- Comme le MSB cherche à modifier son équipe, l’offre faite par les Russes à Chase – pour remplacer Price – tombe à pic.

3- Price, de son côté, atterrit à Milan, ce qui provoque le départ de Massimo Bulleri.

4- Dans le même temps, Dixon, qui assure la pige médicale de DaShaun Woods à Trévise, se retrouve surnuméraire lorsque Woods revient. Mais, pour laisser libre Dixon, la Benetton souhaite d’abord le remplacer poste par poste, et par un « national », à cause des quotas.

5- Or, qui est sur le marché ? Bulleri. Donc Bulleri signe à Trévise, qui libère dans la foulée Dixon, qui peut ainsi s’engager avec Le Mans.

Donc, si on y réfléchit : si Price n’avait pas quitté le Dynamo, il ne serait pas parti à Milan, qui n’aurait pas libéré Bulleri, et ce dernier n’aurait pas signé à Trévise, ce qui aurait signifié que la signature de Dixon au Mans aurait été rendue impossible, ou qu’elle aurait été retardée, et donc que Dixon n’aurait pas joué la Semaine des As. Conséquence : si Le Mans gagne les As, il le devra à Hollis Price, son ancien meneur, décidément très altruiste.

Comment ça, c’est tiré par les cheveux ? Oui, bon, d’accord. D’ailleurs, je sens bien qu’il y a des failles dans mon raisonnement (allez-y, les amis, dans la rubrique « réactions ») mais, au fond, mon propos n’était pas tellement là.

Le truc, c’est qu’en lisant la succession d’événements – et leur timing – qui ont conduit à la signature de Bobby Dixon au MSB, je me suis dit qu’une telle situation aurait été impossible il y a seulement dix ou douze ans.

Jusqu’à la deuxième moitié des années 90, il était à la fois plus difficile de suivre le basket européen – pas d’Internet, ou alors balbutiant, pas d’ULEB Cup, d’ACB et d’ESAKE à la télé française, pas d’Euroleague TV et même pas d’hebdo de basket – mais aussi plus facile, car les effectifs ne variaient que très peu de septembre à juin. Vous pouviez ainsi déguster les rosters d’Espagne, d’Italie ou d’ailleurs publiés en tout début de saison dans Maxi-Basket, et ensuite Basket Hebdo, puis les re-consulter, au besoin, à Noël, en février ou à l’abord des playoffs. Et ils n’avaient pas beaucoup changé, à part un Ricain ici ou là, et un coach ou deux.

Déjà, c’est simple, il n’y avait pratiquement pas de transfert en cours de saison. Voire pas du tout. En plus, les Bosman et Cotonou n’existaient pas, les frontières étaient fermées. Et comme les clubs soviétiques puis russes n’avaient pratiquement aucun poids, et aucun moyen pour recruter, les choses étaient limpides. On finissait la saison avec, grosso modo, le même effectif, à savoir deux Américains et une dizaine de « nationaux ». Ce qui, soit dit en passant, comme me le fait remarquer Jacques Monclar, de passage dans nos locaux cette après-midi en prévision de la rubrique « Les Experts » de BAM, a sans doute permis à pas mal de joueurs français de faire les carrières qu’ils ont faites en France…

Par ailleurs, je change totalement de sujet et je vous livre mon, scabreux, «bracket» pour les As.

Quarts de finale
Gravelines-Roanne : Gravelines
Le Mans-Le Havre : Le Mans
Orléans-Strasbourg : Orléans
ASVEL-Nancy : ASVEL

Demi-finales
Gravelines-Le Mans : Le Mans
ASVEL-Orléans : ASVEL

Finale
ASVEL-Le Mans : ASVEL

En deux mots, je commente : Gravelines, en rédemption, retrouve son niveau de jeu contre Roanne et, dans le match de l’année, l’ASVEL vient à bout d’un superbe Nancy sur un panier de Trumo Bogavac dans les dernières secondes (JR Reynolds et Ben Dewar ont pris cinq fautes). En demi, Le Mans est sublimé et Gravelines a un passage à vide en défense, tandis qu’Orléans passe à un rien de réussir un gros come-back dans le quatrième quart-temps contre Lyon-Villeurbanne. En finale, le maître, Vincent Collet, domine l’élève, JD Jackson, dans une atmosphère très émotionnelle… Voilà pour la fiction. Place à la réalité, dès jeudi.


(*) Vous savez bien : un battement d’aile de poulet de Loué à la Chapelle aux Choux peut provoquer une tempête de neige à Vladivostok.