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Grosse polémique à Chalon
Samedi 24 Janvier 2009
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Réactions
Fabien Friconnet, 34 ans
Journaliste à Basket-Hebdo, puis BasketNews depuis 1999
Rédacteur en chef de BasketNews et MaxiBasketNews

Il est 22h passées ce samedi soir. Planté devant le « live » du match Chalon-Strasbourg, sur le site Internet de la Ligue, je ne comprends pas bien ce qui se passe. Le « play by play » – le descriptif « action par action » – n’a ni queue ni tête. Pendant de longues minutes, le temps semble suspendu alors que les mentions « temps mort » se succèdent, pour l’Elan et la SIG, le score restant figé à 78-77 pour les Alsaciens, après un panier à trois-points de Sacha Giffa. Je ne sais toujours pas qui a gagné ce match « a la muerte », qui doit envoyer le vainqueur vers les As et le perdant vers un morne dimanche de frustration, lorsque mon téléphone portable sonne. Au bout du fil, Jérémy Barbier, notre reporter, qui appelle depuis Chalon. « Bon, il y a un problème », me dit-il. Je me dis que ce match de feu a viré au cauchemar.

Heureusement, il n’y a pas mort d’homme, mais il y a un beau scandale en perspective. Jérémy m’indique que la partie s’est terminée dans la confusion la plus totale. Dans le prochain BasketNews, jeudi, vous aurez les détails – et la conclusion, c’est à espérer, de cette triste histoire – mais en voici les grandes lignes…

Alors que le score est à égalité à 71-71 à moins de deux minutes de la fin, Zach Wright, le meneur américain de Chalon, marque un trois-points. Un vrai trois-points. A plus de sept mètres. Les arbitres indiquent logiquement « trois » avec leurs doigts. Pas d’équivoque. Le score passe à 74-71 sur le tableau pendant quelques secondes puis il redescend soudainement à 73-71. Une personne, à la table de marque, a décidé que le panier de Wright n’était qu’à deux points. Ni les trois arbitres, ni les deux staffs, ni les joueurs, ni, semble-t-il, les autres personnes de la table, ne s’aperçoivent de l’erreur sur le moment. Le match se poursuit et Sacha Giffa, en effet, crucifie l’Elan d’un panier à trois-points en ligne de fond, 78-77, et propulse les siens aux As, au détriment des Bourguignons. Mais le score, en toute logique, aurait dû être à 78-78.

Palabres, demande de réclamation, refus… Les esprits s’échauffent, la discussion se poursuit en coulisses, jusque dans le vestiaire des arbitres – M. Bissang, le numéro 1, et MM. Guédin et Laplace. Les Chalonnais sont furieux, d’autant qu’il semble qu’il soit trop tard pour porter des réserves après le match, chose toutefois à débattre à l’heure où j’écris ces lignes, donc prudence. Les Strasbourgeois sont gênés, d’autant plus qu’ils n’y sont pour rien. D’ailleurs, dans cette histoire, il y une victime – Chalon – mais qui est le coupable ?

La personne de la table de marque qui a « repassé » le panier de Wright à deux points était sans doute de bonne foi – comment imaginer le contraire, d’autant que Chalon jouait à domicile ? Les arbitres ont-ils failli à leur rôle, ou pas ? Le système en lui-même est-il à revoir ?

Que va-t-il advenir ? La réclamation, s’il y en a une, est-elle légalement recevable ? Le match peut-il être rejoué, alors que le tirage au sort du tableau des As doit intervenir le lundi 2 février ? Les Chalonnais vont-ils entamer des procédures, ce qui serait compréhensible étant donné l’enjeu ?

La seule chose que je puisse écrire, à 23h40 ce samedi soir, c’est que tout cela n’est pas sérieux. Pas sérieux du tout…