Comme c’est le cas des victoires trop larges, il faut se méfier des défaites trop cuisantes. Elles sont un miroir déformant dans lequel on voit ce que l’on veut y voir. Ce qui est arrivé au SLUC à Sopot, ce mercredi, ne peut pas être le reflet du vrai niveau de jeu – et d’envie – des champions de France. Michel Morandais, Jeff Greer et Victor Samnick valent mieux que ce 1/16 cumulés aux tirs. Ricardo Greer ne manquera pas éternellement ces tirs près du cercle et ne perdra pas, à chaque match, deux ballons pour des violations sur le dribble. Nancy peut, et doit, présenter une défense d’un autre tonneau que celle que l’on a vue en deuxième mi-temps – 59 points encaissés.
Pourtant, certains signes doivent inquiéter. Du côté du SLUC, on imagine que quelqu’un va tirer le signal d’alarme.
Où est passé le superbe jeu collectif de l’année dernière – et même des trois dernières saisons ? Où sont passés l’enthousiasme et la rage de vaincre ? La volonté de se passer la balle, de courir, de mettre la pression sur l’adversaire ? Et puis, où est la défense ? Qui sont les leaders ? Qui fait la loi sur le terrain ? Comment interpréter les quelques moues et gestes d’agacement de Ricardo Greer, dans le dernier quart-temps, quand son équipe prenait l’eau de toutes parts et offrait, à un adversaire direct, un magnifique « goal average » de +29 ?
Comment cette équipe a-t-elle pu craquer, à Sopot, comme elle l’a fait à Toulon lors de la deuxième journée du championnat, alors qu’elle menait de 24 points dans le troisième quart-temps ? John Cox n’est certes pas un meneur de formation, et cela se ressent, mais où est passé le superbe arrière qui faisait le bonheur du Havre la saison dernière ?
Comment expliquer que le SLUC coule à pic en deuxième mi-temps le soir où Steed Tchicamboud (14 points et 4 interceptions, mais aucune passe et trois balles perdues) et Cyril Julian (17 points et 9 rebonds) signent leur meilleur match de la saison ?
Je le répète, il serait prématuré de tirer des conclusions alors que l’on n’est qu’au mois d’octobre, car cela serait injuste et, accessoirement, pourrait s’avérer ridicule dans quelques semaines si le champion de France se met enfin à la hauteur de son potentiel. D’autant plus que si Sopot ne déborde pas de talent à tous les postes, les Polonais défendent bien, se passent la balle et s’appuient sur deux arrières américains de grand talent (Dan Ewing et David Logan) et sur la poutre Pat Burke.
Sopot joue en confiance, sûr de ses forces et de ses faiblesses. Le contraste était donc saisissant avec une équipe du SLUC sans certitude, sinon qu’elle a de bons joueurs et qu’elle a bien mal entamé sa saison d’Euroleague. Pour se refaire, le champion de France doit remonter la pente, d’abord contre Le Havre ce week-end, puis, mercredi prochain contre… le Panathinaikos. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Le basket français a besoin d’un SLUC conquérant sur la scène continentale. Sinon dans les résultats, au moins dans l’attitude.
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