Malines, c’est loin
Vendredi 24 Octobre 2008
C’était il y a quinze ans. Sur une fin de cassette VHS (une « 180 » malheureusement), la première mi-temps du match Malines-Olympiakos, atterrie là presque par hasard, et coupée nette, Ô terrible frustration, par l’inéluctable fin de la bande, comme un bout du monde, lorsque la Terre était plate. Ce match était passé sur Eurosport France, ou Eurosport International, à moins que ça ne fût sur TV Sport. Enfin bref, bénis soient ces gens, j’avais ce morceau de bonheur. Paspalj, Tarpley, Fassoulas, Tarlac, Stas, Struelens, Samaey…
Passionné mais totalement hors du milieu, je devais généralement me contenter – mais c’était déjà formidable – des matches des équipes françaises (Pau-Orthez, Limoges, Antibes) en Coupe des Champions. Directement dans la salle ou à la télé. Mais les adversaires, les autres équipes, je ne les connaissais que « face aux Français », comme s’ils n’avaient pas de vie propre, une fois sortis de nos arènes. Quels n’étaient donc pas mon plaisir et ma curiosité, sans cesse renouvelés, de visionner, encore et encore, ce Malines-Olympiakos, enfin la première mi-temps, conservée religieusement ; j’avais d’ailleurs détaché la petite languette noire, là, sur le dos de la cassette, pour ne pas l’effacer par erreur.
Lundi soir – lundi dernier, hein – j’ai regardé Vitoria-Fenerbahçe, tranquillement installé chez moi, devant mon ordinateur, en compulsant, au fur et à mesure, les statistiques, voire les « profils » de certains joueurs, au besoin. Le surlendemain, après avoir assisté à la défaite mancelle à Malaga, j’ai jeté un œil sur CSKA-Milan. Et jeudi, en attendant le match de Nancy sur Sport+, j’ai suivi Efes Pilsen-Partizan. Puis, un brin écœuré par la déroute lorraine qui se profilait, j’ai jonglé entre Cibona-Maccabi, Alba-Rome et Avellino-Olympiakos, sans oublier de relever les stats désastreuses de « mes » joueurs d’Euroleague Fantasy Challenge. Et encore, c’était une semaine creuse. Il m’arrive de me scotcher devant cinq ou six matches au moins, en intégralité, jusqu’à extinction des feux.
Si j’avais voulu, j’aurais pu regarder, en direct et en différé, tous les matches de la première journée d’Euroleague. Car j’ai acheté un « pass » à l’année, sur le site de la compétition. L’image est plus que correcte, les problèmes techniques pas trop fréquents, les matches sont commentés en anglais.
Je n’essaye pas de vous pousser à la consommation – ça n’est pas donné, puisque le « season pass » est à 80 euros (le match est à 5,90 euros à la séance). Mais le fait est que, jeudi, en sautant d’un match à l’autre, ça m’est soudain revenu, comme un flash. Ce bout de Malines-Olympiakos. Et je me suis dit, sans la moindre once d’originalité, que, décidément, le monde avait bien changé et que, plus jamais, les « mythes » ne pourraient rester invisibles aux yeux du fan, comme ils l’étaient parfois à mes yeux, il y a quinze ans ; d’autant moins que l’internaute malin ou bien informé peut aujourd’hui regarder, pour pas un rond, des matches de basket du monde entier, y compris de Taiwan. J’en ai presque eu le tournis.
Je me demande si cette cassette traîne encore quelque part, dans un carton…
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